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  • Metal Gear Solid HD collection : un remake qui vous veut du bien

    Posté le février 19th, 2012 Le Serpent Pas de commentaire

    Si je vous dis infiltration et jeux vidéo à priori la première chose qui vous vient à l’esprit c’est Metal Gear Solid, à la limite Splinter Cell pour les plus jeunes et Call of Duty pour ceux qui n’ont pas bien compris de quoi on parlait… La série de « Mécanisme Métallique Solide » débute en 1987  sur MSX2 et NES sous la direction de Hideo Kojima. Ce dernier cherche à en faire un jeu d’action survitaminé mais, limité par les capacités techniques de l’époque, il décide que le joueur ne devra plus affronter les ennemis mais les éviter, d’où la notion de furtivité. Un Metal Gear 2 sortira 3 années plus tard sur NES mais c’est le reboot de la série à la fin des années 90 avec Metal Gear Solid qui donnera ses premières lettres de noblesse au titre. Qui dit succès dit… oui pognon, mais surtout suite, ça sera fait avec en 2001 Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty et en 2004 avec Metal Gear Solid 3 Snake Eater. Tous les opus auront droit à leur réédition , le premier sur Game Cube en 2004 avec une refonte du système de jeu en adéquation avec les améliorations apportées par MGS2:SoL ainsi qu’évidemment une mise à jour graphique et tout particulièrement des cinématiques. Les 2 suites se verrons réédités respectivement avec les suffixes Substance et Subsistence avec de nombreux bonus, ce sont d’ailleurs ces versions ++ que l’ont retrouve dans cette compilation en Haute Définition, accompagnées par l’un des épisodes « Solid » de la console portable de Sony, Peace Walker.  Le dernier « épisode » de la série, Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots, est sorti sur console next gen en 2008.  Bien il est temps d’enfiler son bandana, de se peindre la tronche en vert, de prendre un stock de fléchettes tranquillisantes, de se mettre dans un carton et d’aller se frotter à des faisceaux de caméras.

     

    Un pour tous et seul contre tous…ou pas

     

    I’m a poor lonesome cow boy

    La série Metal Gear s’étale sur plus d’un demi siècle en comptant le dernier opus réalisé sur PS3. Snake Eater prend place en pleine Guerre froide (1964), Peace Walker lui emboite le pas dans les années baba cool (1974) tandis que Sons of Liberty se déroule à la suite de l’épisode premier du nom à notre époque (2007-2009).  Et là en viens presque un choix cornélien avant même d’insérer la galette, par quoi commencer? L’ordre chronologique de sortie des épisodes ou l’ordre chronologique de déroulement des évènements? La logique vidéoludesque (si je puis me permettre d’inventer des mots) m’a personnellement poussé à suivre le second ordre. L’histoire de Sons of Liberty se déroule en deux blocs, Tanker et Plant, la première animée par notre ami Snake et la seconde rythmé par le non moins (voir plus) charismatique Raiden. A vrai dire Snake n’est ici qu’en « guest star » puisque le scénario s’attarde essentiellement sur l’histoire de ce nouveau personnage, ce fut d’ailleurs la principale critique faite à l’encontre de ce jeu, les fans étant particulièrement attachés à leur serpent favoris. D’ailleurs le jeu vous demande si vous avez déjà jouer à MGS1, une réponse négative fera simplement disparaître l’histoire de notre ami snake… Mais alors… Pourquoi avoir omis d’inclure Metal Gear Solid premier du nom??? La première partie du jeu est donc en lien direct avec l’opus précédent et ne pourra être assimilée qu’avec les informations inhérentes à la progression de l’histoire du 1. Dans cette partie Solid-Snake infiltre un tanker (navire-citerne) en partance du port de Manhattan, soupçonné de transporter un nouveau prototype de Metal Gear. Ce qui devait être une simple mission de reconnaissance prend vite une autre tournure quand un groupe armé investit à son tour le navire et en prend le contrôle. 2ans après ces évènements, une usine de décontamination « Big Shell » a été construite sur le lieu de l’incident et est prise d’assaut par un groupe terroriste. Raiden aura pour mission de neutraliser les terroristes et de libérer les otages, bien évidemment en solo. Snake Eater prend place dans un contexte historique plus marquant puisqu’en plein guerre froide et plus spécifiquement en pleine crise de Cuba (crise qui plaça le monde au bord d’une guerre nucléaire suite à la découverte de missiles russes pointés sur le territoire américain depuis l’île de Cuba). Les Etats Unis gèrent la crise en rendant à l’URSS un homme, Sokorov, un ingénieur soviétique. Pièce maitresse de la course à l’armement, cet homme devient la cible de toutes les convoitises au point qu’une mission d’extraction est organisée. L’unité Fox est chargée de mettre à bien cette « Mission Vertueuse » par le biais d’un agent, Naked Snake. Épaulé par radio par le Major Zero, Para-Medic et son ancien chef et mentor The Boss, Snake ne tardera pas a atteindre sa cible et à se rendre compte que la loyauté n’est plus ce qu’elle était. Peace Walker s’inscrit en temps que suite directe de ces évènements, en 1974. Suite au passage d’ogives nucléaires au Costa Rica, le pays se tourne vers les services d’une armée de mercenaire dirigée par un ancien héros, Naked Snake (affublé d’un autre surnom propice au spoil). Si je reste volontairement discret sur l’histoire de chaque opus c’est parce que le scénario est la substantielle moelle de ces jeux clairement inspirés du 7ème art.

    Le kaki ça ressort bien en 16/9ème

     

    Prendre la pose…naaaaaaan

    C’est souvent sur ce point que les avis ont le plus divergé sur la série Metal Gear Solid, véritable génie narratif ou penseur à tendance fourre tout, Hideo Kojima a réalisé sa série comme pourrait l’être un film au détriment parfois du confort de jeu. « Film interactif » c’est ce qui revient parfois aux oreilles quand quelqu’un parle de Metal Gear Solid. De nombreuses cut scenes, cinématiques et autres appels interviennent pour des raisons plus ou moins valables. Quand les cinématiques vous plongent parfois dans l’aspect block buster, les phases de discussions avec vos alliés par radio augmentent au contraire l’aspect relationnel de ce pauvre mec perdu seul dans l’action. Certains pourront jurer sur le caractère redondant de ce type de scène quant d’autres trouveront que c’est justement tout l’intérêt du titre, une histoire, avec une intégration du joueur.Au delà de ces questions de goût, le scénario se pose autour d’un élément central, l’arme de destruction massive : le Metal Gear, et s’échappe sur une multitude d’autres sujets soit en lien direct (la guerre, le nucléaire, le pouvoir, la politique…) soit en conséquence des actions réalisées (la loyauté/trahison, le libre arbitre, l’amitié, l’amour…). Bien entendu rien de tout ceci n’est très original quand on le confronte à la masse d’œuvres cinématographiques qui en traite, mais le jeu vidéo implique le joueur à un degré supérieur car face à votre écran vous êtes seul et actif, sans vous le dénouement n’arrivera pas et personne ne vit l’aventure à vos côtés comme dans une salle obscure. Vous êtes donc confrontés aux différents cliffhangers scénaristiques et autres choix manichéens imposés qui n’ont d’égaux à leur qualité, leur incroyable complexitée. En effet, revivre l’action une seconde fois vous permettra de comprendre certains éléments supplémentaires lors de dialogues ou de percevoir des actions cachées dans les cinématiques grâce à votre possibilité de passer en vision « first person » (Snake Eater) ou de diriger le faisceau de votre micro (Sons of Liberty), quand les cinématiques ne sont pas interactives (Peace Walker). Souvent l’implication du joueur passe aussi par la qualité des graphismes, difficile de « s’y croire » quand les personnages sont coupés à la serpe ou que les textures ne sont que des bouillies affreuses de pixels.

     

    Le hache dés avec un bandeau c’est pas moins beau

    Prend ton 720p dans ta face!

    Difficile de parler de graphismes et de retrogaming en même temps, paramètre à priori ayant peu d’impact. Mais dans le cadre d’une réédition haute définition de titre « old » il semble incontournable d’au moins en évoquer le résultat. Les trois titres s’en sortent de façon plutôt inégale. Si l’introduction de Sons of Liberty fait toujours son petit effet au niveau du système nerveux central des fans, il faut avouer que l’upgrade au rang des productions actuelles est assez discrète. Des textures lissées, probablement moins de scaling, mais on ne s’y trompe pas on reste dans de la qualité PS2. Même si je ne l’ai pas constaté personnellement il semblerait  que des ajouts involontaires se soient glissés dans cette version du genre absence de pluie dans certaines cut scenes ou quelques ralentissements. Ce que j’ai trouvé le plus scandaleux est le nombre de fautes de frappes/d’orthographe dans les sous titres français (peut être dues à la version non commerciale de la galette). Snake Eater en revanche tire bien mieux son épingle du processus de rafraichissement. Les textures sont belles, les cinématiques sont du plus bel effet et sublimes magnifiquement la mise en scène de certaines situations, pour ne pas citer certains dénouement de combats. Malgré cela, le caractère toujours « cubique » de certains éléments ou la qualité de certaines textures, vues d’un peu trop prêt, vous rappelleront que vous jouez sur un jeu qui à prêt de 7ans. L’autre bonne surprise vient de Peace Walker qui propose des graphismes bien supérieurs à l’opus PSP manifiant tout particulièrement les cut scenes sous forme de comic books interactifs en cell shading d’excellentes factures. Cet épisode peut aussi se targuer d’avoir la plus grande durée de vie avec une approche différente d’un point de vu gameplay avec l’aspect gestion de troupe ou capture d’ennemis.

    Les choses qui fâchent, c’est pas que la guerre…

     

    Coup spécial 7: Appuyez sur l1, select, rond, carré, en poussant les deux sticks… Tout ça en faisant le poirier avec le Move dans votre poche arrière gauche…

    … Dans Metal Gear Solid, c’est souvent le gameplay. Snake se dirige aussi facilement qu’un semi remorque sur une route verglacé du Vercors, vous devez rétrograder tout en freinant, contre braquer, tirer le frein à main et rire à la blague moisie sur Rire et chansons. Passez en vue à la première personne se fait avec R1, braquer son arme avec Carré, se décaler vers la gauche ou la droite avec L2 ou R2 (en vue FPS, sinon c’est les menus Objets et Armes) et tirer se fait en relâchant Carré… Honnêtement le premier qui me dis qu’il a pas au moins une fois relâché R1 au lieu de Carré, il prend une caillasse dans sa tête, à défaut d’être juste ça me détendra. Sans parler que si vous voulez vous coller au mur, c’est Stick poussé dans la direction du mur + Triangle. A la limite s’il y avait un didacticiel… mais noooon, vous êtes lâché à poil avec votre dyslexie  pouce/index et démerde toi! Ah non pardon, vous avez accès à la notice du jeu depuis le menu principal de la compilation…qui n’est accessible qu’après avoir quitter entièrement le jeu (pas de retour rapide au menu principal). Alors oui en effet avec le temps ça fini par rentrer, oui on fini par s’habituer à ces déplacement hasardeux, à cette visée chancelante et à ce mec qui ne peut pas avancer en même temps qu’il vise; mais quel soulagement quand on se plonge dans l’opus PSP, dont la maniabilité était le principal défaut sur le support portable, et qui reprend à son compte la maniabilité du 4 ou même de Monster Hunter. De ce point de vu, on voit clairement les progrès opéré dans la série, le 3 apportant son lot de nouveautés sans grosses innovations, tandis que l’épisode Peace Walker, fort de l’ajout de ce second stick, apporte finalement le gameplay telle qu’il aurait peut être du être dès les premiers pas de la série. Mais comme dit l’adage: « Paris ne s’est pas faites en un jour ».

    Conclusion

    Cette compilation aurait pu se placer comme le must have Metal Gear Solid mais on sent que même s’il y a eu un travail d’upgrade important (surtout sur Snake Eater et Peace Walker), les éditeurs ont oublié qu’une série de cette renommée, avec un scénario aussi omniprésent dans l’évolution des personnages, dans l’évolution des pensées et tout simplement,  l’évolution de l’histoire (capitaine obvious) n’aurait pas du être amputer de ses débuts. Autant la disparition de Metal Gear Solid Portable Ops peut passer inaperçu entre les trames narratives de Snake Eater et de Peace Walker, autant Sons of Liberty perd de son intérêt sans connaître les évènements se déroulant à Shadow Moses dans l’épisode Solid premier du nom. Au delà de ce regrettable oubli/méfait/outrage/hérésie, les jeux qui composent cette compilation n’ont rien perdu de leur superbe si on oublie pas que l’on se trouve en présence de papys de 10 et 7ans pour les opus PS2 et d’un portage issu d’une console portable. Passé la frustration des premiers moments et leur temps d’adaptation à un gameplay plus que rigide on arrive à contempler le fond de ses jeux, bourré de références et présenté avec une réalisation plus que magistrale. Ces jeux s’apprécient un peu comme le vin, difficilement au début puis de façon de plus en plus gastronome jusqu’à en détecter tous les arômes délicats et subtils. Pencher vous dessus mais attention à la chute !

    Plateforme : Playstation 3, Xbox 360

    Genre : Action – Infiltration

    Éditeur : Konami

    Développeurs : Kojima Production

    Date de sortie : 2 février 2012

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